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27 mai 2013 1 27 /05 /mai /2013 23:49

IG-Mag-up.jpg

 

Bonjour à tous,

 

Ce soir, l'auteur de ces lignes est en deuil. IG Mag est en train de mourir, Gaël Fouquet, rédacteur en chef chez Gamekult l'annonçant sur son Twitter. Pierre Alexandre Conte, rédacteur pour le magazine l'a confirmé ensuite. Le dernier numéro paraîtra au mois de juillet. On savait que la presse allait mal, très mal. Depuis des années, le château de cartes s'écroule. Finalement, les plus cyniques diront que c'est la suite logique des choses. L'arrivée du tout numérique a tué la presse vidéoludique. Je reste persuadé qu'il est un peu facile de se cacher derrière cet argument massue peu profond. La formule d'IG avait le mérite de proposer la variété que requiert aujourd'hui la presse spécialisée. En outre, d'autres pays ont réussi à garder une presse spécialisée encore vivace. Le plus bel exemple reste pour moi le magazine Edge qui se vend encore très bien. Il a réussi à trouver une bonne formule en ne tournant pas le dos au numérique, ce que bon nombre de magazines français ont fait à mon sens.

 

Je ne suis pas là pour analyser la situation...

 

Non. Je suis là parce que je suis triste. Triste pour toute l'équipe d'IG, triste pour une profession qui se meurt. Et le pire, c'est qu'elle ne s'éteint pas paisiblement. Elle s'éteint dans la douleur. Exsangue, sa résistance est belle mais tragique. Tous les joueurs trentenaires (voir quadragénaires pour certains) se souviennent des belles heures de Player One, Joypad (de la belle époque) et autres Consoles +, qui nous faisaient rêver avec des reportages à chaque E3, sans internet à l'époque, qui envoyaient des reporters qui devaient nous transmettre leur enthousiasme à travers les mots. Eux m'ont fait rêver à une époque où je n'avais pas encore toutes mes machines. Il ne faut jamais oublier ces belles années, dont leurs auteurs, et nous les joueurs, portons l'héritage. La mémoire embellit les souvenirs. Tâchons de magnifier les nôtres pour que jamais cela disparaisse. C'est vrai que j'adorais Joypad et l'équipe qui officie aujourd'hui sur Gameblog, mais j'appréciais aussi leurs concurrents, ce qui me permettait d'avoir une belle vue d'ensemble sur notre média. 

 

Ecrivain.jpg

Malgré la tristesse, continuer à rêver et à construire le rêve.

 

J'ai beau savoir que la presse va mal, cette nouvelle m'a aussi fait prendre une petite décharge électrique. Jamais je ne cesserais de vous faire partager ma passion pour le jeu vidéo. Plus que jamais, alors que notre média se dévoile au plus grand nombre, alors qu'il gagne ses lettres de noblesse en tant que culture populaire, qu'il gagne sa place dans certains musées, il faut continuer à fournir cet effort. La passion reste, toujours aussi prenante. Elle grandit même au fur et à mesure des années. Jamais nous n'avons été aussi proches de la respectabilité que certains d'entre nous rêvent de voir arriver. Alors il ne faut pas baisser les bras. Jamais. Parce que je veux voir notre média s'élever encore. Le voir grandir avec émerveillement, même si d'autres craignent de le voir s'échapper de leurs mains. Le jeu vidéo est comme un enfant avec ses parents. Quand un enfant apprend à marcher, il fait peur à ses parents parce qu'il pourrait tomber et se blesser en apprenant à découvrir le monde. Une frange de passionnés partagent cette peur. La mort d'IG doit leur enseigner le contraire. Le jeu vidéo doit continuer à s'épanouir, encore et toujours. Plus des gens s'y intéresseront, plus des écrits pourront naître et vivre pleinement. Et pour cela je continuerai d'écrire encore longtemps.

 

Vidéoludiquement vôtre, 

 

Joypad.jpg Utori

 

PS : Smooth McGroove qui publie sa version a capella de Midna's Lament (The Legend of Zelda : Twilight Princess) le jour de l'annonce de la fin d'IG Mag... Drôle de signe.

Published by Un Jour, Un Jeu - dans Humeurs
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